[TRUST ME, U GONNA HATE THIS SHIT]

Cela ne fait aucun doute aujourd’hui – et on le voit aisément au sein d’une grande partie de nos échanges, le rap est devenu un amoncellement de sous-genres. J’ai décidé, pour cette playlist, de me concentrer sur l’un d’entre eux : l’emo-rap.


– Mais c’est quoi l’emo-rap Jean-Pierre ? Bon, on n’est pas là pour faire dans la lourdeur didactique mais pour résumer, c’est le nom qui a été donné au rap « sensible », celui qui n’hésite plus à parler des ressentis intérieurs, des sentiments. Celui qui a donc laissé de côté les pectoraux bodybuildés et huilés de 50 Cent pour montrer sa fragilité. Celui aussi qui fait naître l’extrême et donc se rapproche du rap horrorcore mais aussi – et de plus en plus – de son frère jumeau du rock.


– Ah bah d’accord Jean-Pierre, tu vas nous balancer ton rap de femmelette
auto-tuné ? Oui et non. Car même si l’auto-tune y est à l’origine ultra-présent, je veux vous montrer ici le cheminement de cette tendance. Ou comment cette exacerbation émotionnelle démarre logiquement dans les relations sentimentales pour aller dans l’expression du mal-être, la drogue en toile de fond, et finir dans l’évocation de la mort, souvent même du suicide.


– Et c’est qui les petites bites qui poussent la chansonnette sur ta playlist ? On va de l’archi-connu à l’inconnu. Du rappeur mainstream ou rappeur SOUNDCLOUD (autre nom donné à l’emo-rappeur). De cet album incompris mais fédérateur qu’est 808s & Hearthbreak de Kanye aux $uicideboy$ (et oui La Brute, une pensée pour toi, tout est lié).


– Mais arrête, c’est plus du rap ton bordel là JP ?
C’est ici que ça devient intéressant. Car à mesure que l’on avance dans la playlist, les frontières se délitent. Et en effet, les formes proposées par un XXXTENTACION ou un CORBIN sur certains morceaux n’ont quasiment plus d’essence rapologique en leur sein.

– Bon tu connais mes goûts JP, tu penses que mes oreilles vont pas dégueuler avec ta merde ? Franchement ma gueule, j’en sais rien. C’est bien possible. Mais si c’est pas le cas, si t’en ressors avec un avis différent, plus enrichi, je considérerais ça comme une réussite.

5 commentaires sur “[TRUST ME, U GONNA HATE THIS SHIT]

  1. J’ai aimé l’entrée !
    Puis me suis un peu ennuyé ensuite… Le reste m’a paru moins inspiré, travaillé.
    Non pas que j’ai trouvé ça mauvais mais rien ne m’a vraiment accroché en fait.
    Jusqu’au morceau final que j’ai bien aimé aussi.
    Etonnante sélection en tous cas, je ne m’attendais pas cette typologie de rap (certains titres en sont même loin, je pense) ni à ce type d’ambiance, assez… morne!
    Un chemin en dehors des sentiers battus, assurément.
    (bon maintenant j’ai besoin de choses guillerettes, je m’en retourne écouter la version auto-tamponneuse de Notorious BIG! 😀

    J’aime

  2. C’est une nouvelle pour personne mais mon adhésion pour ce nouvel amoncellement du rap n’est pas aussi unanime que certains ici.
    J’écoute donc moins de rap. Mais moins ne veut pas dire plus et mon oreille est plus attentive à ce type de morceaux proposés ici. Je connaissais même certains d’entre Eux 😅!!
    Le côté moins « fond de la cave » me convient mieux je crois 😉!!
    Ça pourrait même me donner envie de proposer quelque chose dans ce style qui sait…

    J’aime

  3. Ce voyage annoncé clivant ne le fût apparemment pour personne…
    J aime énormément ce genre de Rap qui n en est plus vraiment. Tu as devancé ma playlist Lexomil qui est du même acabit, voire plus glauque encore😉
    Une mention spéciale aux morceaux Save Me qui aurait pu figurer sur Dark side of the moon Et Romeo Et Juliette deux titres qui sont entrés directement dans mes playlists.

    J’aime