In The 40s
Jean Pierre, Gérard et autres blancs becs passionnés que nous sommes, nous avons souvent parlé de notre amour pour la musique et plus particulièrement de la musique américaine. Depuis plus de 20 ans que nous nous connaissons, le son demeure un sujet récurrent voire obsessionnel pour certains (je m’englobe évidemment dans le lot !!), la preuve en est avec DD. Il fallait trouver une motivation nouvelle pour éviter de se lasser, je suis donc parti en quête des origines du hip-hop (tel Larry dans les rues d’Atlanta à la recherche d’Outkast….). J’y ai trouvé du Blues, du Jazz, de la Soul et autre Gospel mais également du sang, des larmes et de la sueur.
Au moment de me lancer dans ce projet de playlists, retraçant en 10 titres chaque décennie, à partir des années 40, peut être m’étais je emballé !! La tâche paraissait pharaonique voire incommensurable !! Elle le fût et je m’y suis attelée corps et âme (Spotify et moi sommes d’excellents amis), ma vie de famille en a légèrement pâtie!! J’ai donc dû circonscrire le sujet et retrouver un semblant d’intimité !
Avant de commencer avec les années 40, un rappel historique en quelques dates s’impose (ça fait un peu professoral ou exposé mais le sujet m’a tellement intéressé que je vous fais part de mes découvertes….) :
-1619 : Premières « Work songs » des esclaves fraîchement débarqués sur le sol américain.
-1734 : Premières « Camp Meeting », les esclaves sont évangélisés en masse et se retrouvent pour de grandes prières chantées.
-1821 : Apparition des « Minstrel show », spectacles racistes ou des blancs « singent » des noirs, ils seront rapidement remplacés par de vrais renois…. Et oui l’esclavage est à son apogée et durera encore jusqu’au milieu des années 1860 (la ségrégation elle durera jusqu’aux années 1960)…
-1842 : Master Jumba, danseur et chanteur New Yorkais, est le premier artiste noir qui touche toutes les couleurs (« crossover » pour les anglophiles).
-1853 : Premier « tube » de la musique noire américaine « Oh Let My People Go » de LC Lockwood.
-1865 : ABOLITION DE L ESCLAVAGE mais pas de la ségrégation….
1873 : P.T. Barnum présente dans son cirque la première chorale noire à succès.
1874 : Apparition du terme Gospel soit « Godspell » (Evangile), oui à cette époque et toujours aujourd’hui Dieu est fondamental dans la culture et la société américaine… A mon plus grand désespoir !
1878 : James A. Bland est le premier artiste noir à signer chez une Major.
1899 : Les balbutiements du jazz grâce à Scott Joplin et sa chanson « Maple Leaf Rag ». C’est un peu près au même moment que dans les états du Sud et plus particulièrement au Mississipi apparait le Blues.
-1903 : Premier enregistrement de « Camp Song » en studio.
-1914 : Ouverture de l’Apollo Theater à Harlem !! Cette salle sera le lieu mythique de toute l’histoire de la musique noire américaine et verra passer en son sein toutes les plus grandes stars, de Louis Armstrong à Ray Charles en passant par John Lee Hooker et John Coltrane (Rien que ça !!) !!
-1921 : premier enregistrement d’une chanson Blues, « Crazy Blues » par une chanteuse noire, Mamie Smith. Le label qui réalise ce projet est OKEH, il sera le premier à miser sur la « Race Music ». Terme moins agréable à l’oreille que Musiques Urbaines vous en conviendrez. Cette même année voit la naissance de la première maison de disque créée et dirigée par des noirs, Black Swan Records !! Ca en aura mis du temps !!
-1930-1931 : John et Alan Lomax partent aux quatre coins des Etats Unis pour enregistrer le patrimoine de la musique noire américaine pour le congrès !!!
-1937 : Deux évènements notables ! Création de la guitare électrique par Gibson, évènement majeur pour les générations de musiciens à venir et notamment dans l’explosion musicale des années 40 et 50 ! (Que seraient le Blues et le Rock sans…..)
Et le deuxième élément qui nous intéresse au plus au point….. Le Golden Gate Quartet avec «Preacher and the Bear » réalise ce qui est le premier morceau assimilable au RAP ! Ce morceau inaugure d’ailleurs ma playlist du jour.
Tous les artistes présents sur cette playlist ont contribué à l’émergence de la musique que nous connaissons. Ils sont les piliers, le socle de la majeure partie des mouvements musicaux passés et présents. En revanche, j’ai choisi librement les titres pour chaque décennie. Une anecdote inhérente à la chanson se glissera dès que possible…
1/ The Golden Gate Quartet (1937) : « Preacher and the Bear » est le premier morceau assimilé au Rap de l’histoire
2/ Fats Domino (1949): « The Fat Man », le mec à un blaze de rappeur et réalise ici l’un des premiers Ego-Trip. Il est réellement novateur par ses imitations de trompette ou « Falsetto », prémices du beatbox…
3/ Jimmy Preston (1948): « Rock the Joint », limite un titre d’EPMD!!
4/ Wynonie Harris (1947): “Blowin’ to California”. Le mec aimait les putes, le Whisky et les cadillacs (il a pu s’en payer 2 grâce à ce titre)!!!
5/ Lionel Hampton(1946) : « Hey Ba-Ba-Re-Bop », il réalise le premier solo de vibraphone en 1930 « Jump Blues ». On sent nettement les balbutiements voire la naissance du Doo-wop très à la mode la décennie suivante.
6/ Roy Brown : « Mighty Mighty Man », toujours dans la même veine avec un solo de saxo qui casse tout!! On est entre le blues, le jazz et le rock, belle soupe primitive !!
7/ Mahalia Jackson(1947) : « I Will Move On Up A Little Higher », surnommée la reine du Gospel Mahalia Jackson est l’une des plus grandes voix de la chanson pour moi, largement au même niveau que Billie Holiday, Nina Simone ou Areta Franklin. Elle touche l’âme, même la mienne, moi qui pensais ne pas en avoir!!
8/ Buddy Guy : « Stone Crazy », là on attaque le blues, limite soul et putain que c’est bon !!
9/ Arthur « Big Boy » Crudup (1946) : « Crudup’s After Hours » Du bon blues du Mississipi, en deux phrases on est pris aux tripes!
10/ T-Bone Walker : « Play On Little Girl » T-Bone Walker est surtout connu pour ses solos de guitare, véritable précurseur, il est considéré, selon plusieurs lectures que j’ai eues, comme le « Proto-Hendrix ». Plutôt flatteur comme compliment !!
11/ John lee Hooker : « Sally Mae », pour moi le plus grand de cette décennie ! Sa voix est envoûtante, les solos de guitare comme de saxo sont dingues !! Allez écouter si vous ne connaissez pas !!
SI cette période vous a plu, voici quelques noms supplémentaires pour fouiner encore un peu :
Louis Jordan, Joe Liggins, Lucky Millinder and His Orchestra, Barney Bigard, Nate King Cole Trio, Chick Webb, Stick Mc Ghee, Andrew Tibbs et Larry Darnell.
Bonne journée mes poulets, on se revoit dans les années cinquante pour de nouvelles découvertes!!
A retrouvez également :
By Jean Bdx

2 commentaires sur “The Roots of Hip-Hop vol.1”