Quand vient la nuit.

Petit préambule : il ne va pas falloir chercher à s’exciter avec cette playlist…

Elle trouve son inspiration au cœur de la nuit (passé 2h), quand le battement du temps se fait plus lent et que la ville dort depuis longtemps, dans cet espace-temps qui me convient tant.

Une playlist-thématique donc, dont la recommandation d’écoute serait de s’approcher le plus possible de ces conditions, pour ceux qui le pourront.

Le voyage sera nécessairement lent, peut-être trop pour certains, qui choisiront de descendre avant la fin.

Je promets pourtant un beau voyage à ceux qui se laisseront porter et resteront avec moi jusqu’au bout.

Bonne écoute.

1. The Supreme Jubilees – It’ll All Be Over

Commençons par ce quatuor de cousins/frères n’ayant sorti que cet unique album, nourri de soul au sens le plus pur du terme.

2. Kool & The Gang – Summer Madness

Les groupes de disco-funk sont un peu comme les groupes de hard-rock s’essayant avec brio aux balades : capables de prouesses absolument inattendues.

3. Gordon Tracks – Playground Love

Les amateurs de Virgin Suicides auront peut-être reconnu la B.O cotonneuse du film de Sofia Coppola, interprétée ici par Thomas Mars (Phoenix), chantant ici sous l’un de ses alias.

4. Para One – Finale

Para One nous fait lui aussi une Kool & The Gang. On le connaissait DJ et producteur. Le monsieur s’avère aussi être un véritable compositeur de paysages sonores pour musiques de film.

5. The Internet – Girl

Ajoutons un tout petit peu de BPM de peur d’en perdre certains en route. La production de Kaytranada, cotonneuse et électronique, fait ici des merveilles, adossée à la voix de Syd Da Kyd (chanteuse).

6. Sam Tiba – U Lookin’ for…

Un peu plus de BPM. Les frenchies savent être très pointus dans leurs prods aussi.

7. Miles Davis – Ascenseur pour l’échafaud

Redescente en douceur avec ce thème composé pour le film du même nom de Louis Malle. Imaginez-vous seul sur les quais de Paris ou New-York par un soir de brume…

8. Bonobo – Terrapin’

Invitons quelques sonorités lointaines à prendre part au voyage. 3 accords tout au plus suffiront. L’Inde n’est pas loin.

9. Ryuichi Sakamoto – The Revenant

Ryuichi fait son retour dans ma playlist. Après une ligne de piano dans l’épure la plus totale, voici cette fois un thème d’une belle ampleur cinématographique (un poil grandiloquent, certes).

10. Brian Eno – An Ending (Ascent)

Laissez-vous aller, c’est la dernière. Fermez les yeux et laissez-vous porter par cette onde sonore électronique ininterrompue, magistrale et onirique.

Ils auraient aussi pu figurer ici, mais la règle est la règle :

– College – A real hero

– Zero 7 – In The Waiting Line

– Air – Alone in Kyoto

– Billy Cobham – Heather (contient un sample connu vers 02’30)

– Beck – Everybody’s got to learn sometimes.

La Playlist by Le Bon

6 commentaires sur “Quand vient la nuit.

  1. Ah…une playlist condensée 🙂 !!

    Bon j’avoue je n’ai pas suivi les consignes mais une écoute matinale ou en journée passe aussi très bien ! Le conseil d’écoute aura permis de comprendre l’atmosphère dans laquelle a été construit « quand vient la nuit » et c’est toujours un plus 😉 !

    L’entrée dans cet univers est agréable, deux morceaux de soul qui mettent dans l’ambiance en douceur. Ensuite Air, un classique que nos oreilles aiment retrouver, toujours un régal !

    Le titre de Para One est un peu plus difficile d’accès mais après quelques écoutes, on commence à l’apprécier même si il me faudra d’autres écoutes pour y revenir plus naturellement .
    Bonobo, bien en musique de fond mais quand tu écoutes en profondeur, ça perd un peu de sa superbe. Au delà de ce morceau ça résume mon ressenti sur cet artiste. Sam Tiba – U Lookin’ for…est bien plus sympa.

    Ma meilleure découverte est sans aucun doute le morceau de Miles Davis, ce titre est complètement sorti de mon esprit et il m’a fait réaliser qu’il va falloir que je retourne très vite rendre visite à Miles car je ne suis pas certains de le connaitre si bien que çà 🙂 !

    Un titre n’a pas survécu à la 1er écoute, Girl, pas inaudible mais ce n’est pas ma came !!

    Je ne me suis pas encore retrouvé dans le bon contexte pour apprécier le dernier titre à sa juste valeur, du coup ça me motive pour écouter à nouveau cette playlist en respectant le mode d’emploi 🙂 !!!!

    Un second exercice plus agréable à écouter, à découvrir avec un ensemble, qui au dela de mes gouts, me semble plus cohérent !

    Le XV

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    1. Merci pour ce commentaire!

      Oui les ‘consignes’ étaient plus une explication de la genèse de la playlist qu’autre chose 😉

      Je ne m’étends pas sur les morceaux que tu as aimés, là est simplement la preuve de ton bon goût 🙂

      Parlons des autres !

      – Finale (Para One) : effectivement, je m’étais dit que la partie à cordes avec l’arrivée des violons, pouvait déplaire. Mais je pense qu’on s’y fait, en effet, jusqu’à les apprécier in fine.

      – Terrapin’ (Bonobo) : je comprends tout à fait ce que tu dis. On est souvent dans l’hésitation face à lui : assemblage un peu creux ou, à bien y écouter, belle orchestration dûe un travail minutieux ? Je pense pour la 2nde option.

      – Ascenseur pour l’échafaud (Miles Davis) : absolument, procure-toi cet album! Je l’ai en vinyle et, pour le coup, en pleine nuit, c’est magique.

      – Girl (The Internet) : j’aime ce morceau car il réussit le pari de l’équilibre entre une électro un peu démonstrative et une dimension malgré tout intime – avec le côté spatial de l’instru (effet réverbération), et le beat, semblable à des pulsations

      – Brian Eno (An Ending) : je comprends. Ce qui m’attire c’est sa dimension presque transmusicale : pas de structure identifiable, pas d’instruments reconnaissables… On est uniquement dans ressenti d’une vibration (la fameuse « vibe », qu’on sent ou non)

      MDR la phrase finale, en mode « encouragements » : on voit que t’as récupéré le bulletin scolaire de Vincent y’a pas longtemps ! 😀

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  2. Bon ça y est , j’ai un peu de temps pour commenter cette playlist que dis je, ce VOYAGE.
    Bien plus qualitatif qu’un voyage SNCF avec départ à l’heure et pas de supplément tracks.
    Le début de celui-ci fût pourtant mouvementé, les sièges , même si jolis, étaient un peu trop mous!! Un léger éclairci fit son apparition au cours de la dernière minute de K&G avec le synthé!
    La suite fût plus à mon goût, AIR une évidence pour des pérégrinations (le film m’est également revenu à l’esprit Merci ça faisait lgtps).
    ParaOne de mieux en mieux, on début je n’ai vraiment pas kiffé!! On aurait dit une musique de film ratée et en fait après 4 écoutes le son commence à passer easy… J’y reviendrai surement.
    Girl on passe vite pas du tout ma came…
    Sam Tiba, inconnu pour moi avant cette playlist et vraiment belle découverte dans l’esprit de ce que j’écoute en ce moment. Une investigation plus poussée est nécessaire.
    Je rejoins Xav, Miles est le point d’orgue de ce voyage!!! Que c’est beau, empli de mélancolie, le quai de gare à Chicago de nuit en hiver est l’image qui me vient directement. Je vais écouter cette BO très attentivement et me refaire un peu de Miles
    Bonobo, on est loin à mon humble avis du niveau de Black Sands. Je passe mon tour sans voir Vishnu, Shiva et Brahma…
    Ha Ryuichi mon nouvel ami!! Beau morceau mais un peu court pour être complètement immersif, je reste un peu sur ma fin….
    Brian Eno ne m’a que peu fait vibrer mais je ccomprends la cohérence de ce morceau avec l’univers de cette playlist.
    Moment agréable avec de belles découvertes

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    1. Bon déjà t’as posé le mot ‘voyage’ sur ma playlist, alors c’est pouce bleu pour toi.

      Je salue à nouveau ton effort de t’intéresser en profondeur à chaque morceau, en multipliant les écoutes quand c’est nécessaire.
      Bravo, belle abnégation – je ne crois pas me savoir moi-même capable d’un tel effort !

      Pour K&G, j’ai hésité à vous coller la version live de track à part dans leur discographie, version dans laquelle on ressent encore davantage le côté expérimental de la démarche; je crois même qu’à l’époque on employait le terme ‘acid jazz’…. Mais je craignais que les 7’28 ne rebutent la plupart de mes auditeurs, ayant déjà été taxé de longueurs la première fois 😉

      Quel plébiscite pour Miles ! J’étais très loin de m’en douter. Le morceau a même failli sauter, tant il détonne avec le reste. Je me suis dit « le côté jazz un peu sirupeux, limite cliché, ça va pas passer ». Et pourtant…

      Content de savoir que tu as apprécié Black Sands, j’aime beaucoup aussi (surtout le début).

      Thank you pour la dernière phrase !

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  3. Mon cher Bon,

    Que de chemin depuis le saloon. De chemins devrais-je dire. Car les contrées que nous avons chacun choisi de visiter sont désormais, quotidiennement, assez éloignées.

    Une chose persiste cependant : l’amour de la musique au sens pure du terme. Celle qui, finalement, n’est pas connotée, pas teintée d’influences marquées, qui se laisse appréciée pour sa simple beauté.

    C’est ce ressenti que j’ai eu en écoutant « Quand vient la nuit ». Car, à l’instar de l’exercice précédent de Jeanjean – du moins, sa tentative originelle, la proposition est belle, réfléchie, cohérente… globalement.

    Le doute subsistait pourtant : au regard des noms, je me suis clairement demandé comment tu allais faire cohabiter la blaxpotation des 70s, des bobos parisiens et un trompettiste sulfureux. Car en acceptant de m’embarquer dans ton voyage, j’y espère plus côtoyer le Mc Connaughey d’Interstellar que Nicolas et Pimprenelle.

    L’introduction prend place avec Supreme Jubilees et Kool & The Gang. Je connaissais le deuxième, pas le premier. Le voyage commence parfaitement : intelligent, délicat, subtil. It’ll be over dispose de toutes ces qualités soit la distillation d’une musique et d’un chant à l’harmonie exquise. Au risque de me répéter, c’est ce que j’appelle de l’intelligence musicale. Quant à Kool & The Gang, c’est une splendide plage musicale. Un astéroïde flottant et cotonneux qui vient chatouiller l’oreille en tâtonnant du côté des plus aigus du synthé.

    Retour du côté de Paris – et sa royale banlieue. Malgré ma perplexité, les premiers accords de Playground Love s’accordent finalement parfaitement avec les vapeurs psychédéliques laissées par le gang de Kool. La découverte n’est point au rendez-vous mais à avoir égrené « Moon Safari » et « Talkie Walkie », j’en avais presque oublié cette formidable BO. Les retrouvailles sont d’autant plus agréables. « Quel génie musical » me dirais-je toujours en écoutant les Versaillais.
    Derrière, ce Finale de Naissance des Pieuvres. Comme je te l’ai susurré, voilà un film qui m’a profondément marqué. Et la BO est loin d’y être étrangère : douce et rude à la fois, sage et torturée comme l’est la complexité de l’adolescence. Le charme de sa montée progressive m’emporte, me bouleverse. Les violons et le tintement du piano finiront de mettre à mal mon rythme cardiaque, bousculé par de vives émotions.

    Puis vint Girl. Les premières écoutes m’amènent sur un sentiment flagrant de déception. La marche précédente était-elle trop élevée ? La cohérence si sciemment initiée se voyait-elle bafouée ? Ce RnB n’était-il pas trop édulcoré ? De petites nappes en écho dans le fond sonore retinrent tout de même mon attention. En ressort finalement que le morceau m’a plutôt conquis, que je le réécouterais avec plaisir. Pas persuadé que la lignée avec le Para One soit du plus bel effet mais pas l’antithèse non plus. Tu l’auras compris, je voulais écrire du mal sur ce morceau mais ai fini par changer mon fusil d’épaule 😉 Heureusement, tu me proposes gentiment ce Sam Tiba pour me rattraper. Après avoir côtoyé l’excellence, voilà que s’intercale un bon petit titre « Délicieuse Musique ». Soit une boucle insipide (comme Jean ? ah non pardon) alimentée par une basse vulgairement linéaire. C’était sans compter l’embardée « expérimentale » si délurée qu’elle ferait passer Aphex Twin pour un musicien de reggae. Faute de frappe, ça arrive à tout le monde. Erase. Next.

    De Miles, je ne retiendrais qu’une chose : la clairvoyance de ton auto-critique. En répondant aux autres compères je cite « Quel plébiscite pour Miles ! J’étais très loin de m’en douter. Le morceau a même failli sauter, tant il détonne avec le reste. Je me suis dit « le côté jazz un peu sirupeux, limite cliché, ça va pas passer ». Et pourtant… », tu mets des mots sur ma pensée. C’est joli, ok. Mais un Miles de 3 minutes, ça donne le ton sur le potentiel de développement « jazz » du morceau. Limite cliché en effet. Et au final, pas spécifiquement dans le thème.

    Concernant Bonobo, c’est sur les propos de l’ami Xavier que je m’appuierais. Aucune accointance avec ce Monsieur à la musique quelque peu passe-partout. 0 haut, 0 bas, 0 prise de risque : on ne déteste pas mais peut-on détester quelque chose dans laquelle il n’y a rien à aimer. Next.

    Ça y est, la descente est amorcée. Et comme espéré, cela finit en beauté. Une beauté naturelle quittée temporairement quelques tracks plus haut avec le DJ de TTC. Comme si les morceaux intermédiaires n’étaient qu’un interlude à ceux qui vont arriver.

    Une beauté de nouveau narrée par des violons pour commencer. Des violons qui prennent le temps de s’arrêter, de résonner pour mieux nous laisser penser, nous évader, contempler. Des violons ponctués par cette respiration saccadée qui dicte son rythme à nos poumons, nous compresse au plus profond. Je reste pantois.
    Brian Eno pour terminer. Pour mon plus grand plaisir dans la plus totale cohérence avec la thématique initiée. Cette fois, c’est le plus beau des instruments qui vient s’ajouter : la voix. Dans son plus simple appareil, son apparence la plus dénudée, son caractère le plus épuré, elle développe de légères variations pour ne faire plus qu’un avec l’orgue synthétique qui couvre ses épaules. Ca y est, j’ai fini de lâcher prise et j’aimerais m’envoler, flotter.

    Tu l’auras compris l’ami, j’ai passé un excellent moment. J’y ai écouté une suite de titres excessivement cohérent. Je pense même, avec du recul, que la variation de styles a permis de ne pas rendre le tout trop indigeste, redondant. Il y a eu, certes, quelques erreurs de trajectoires mais tu me connais et rarement, tu as dû me trouver si peu véhément, si majoritairement conquis.

    Je finirais donc simplement par te dire merci 😊

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    1. Réponse après 2 mois envoyée, faute à moitié pardonnée ?

      1000 excuses Le Truand pour cette missive qui te parvient hors délai (je n’oserai pas invoquer un quelconque problème de diligence)!

      Et surtout 1000 mercis pour cette réponse ultra-développée; vrai plaisir à lire!
      Avec des paragraphes introductifs de toute beauté, tout en allégories et mélancolie bien nourrie.

      Concernant tes (nombreuses) appréciations maintenant :

      Le point de la cohérence : cela semble être une attente forte à en lire les autres retours. Je ne la recherche jamais au niveau du style des titres pris individuellement ça c’est certain, je ne sélectionne que des morceaux ayant quelque chose en commun (de mon point de vue). Ici, le thème de l’écoute nocturne en somme.

      Alors pour tes commentaires sur Supreme Jubilees et K&TG, j’ai juste envie de te mettre un : ❤
      Et un énorme big up si tu connaissais déjà Summer Madness.

      Et les 2 B.O suivantes et bien… tu en parles très bien alors je n'ai que peu à ajouter – et partage en tous points ton ressenti 😉

      Heureux que tu aies perçu dans Girl plus qu'un simple morceau RnB à la va-vite. Je trouve la prod très soignée et à la hauteur de Kaytranada. En fait je tiens en haute estime, et le producteur, et le groupe, qui livrent toujours quelque chose de très abouti selon moi. Preuve que chaque genre musical a une place légitime tant qu'il est fabriqué par des passionnés qui l'aiment.

      Allez, je passe sur le tache "Délicieuse musique", haha (je le trouve assez abouti moi ce morceau, et surtout j'adore son ambiance).

      Miles et bien… c'est effectivement intéressant : qu'est ce qui fait qu'on est dans un cliché ? L'opinion générale ? Faisons-fi de cela et assumons tout ce qui nous plaît, basta 🙂

      T'as la dent dure avec Bonobo! J'ai de l'affection pour ce premier album confectionné de façon 100% artisanale, tout seul, en utilisant uniquement le sampling. J'aime ce côté un peu 'architecte sonore' à la Chassol. Sur ce morceau par exemple, j'aime entendre le roulis de la locomotive, qui fait agir le morceau comme un film audio quelque part…

      Waouh pour les 2 derniers morceaux, tu m'as lâché une prose lyrique chamboulante! 🙂 Heureux de voir que tu les as à ce point apprécier.
      Le morceau de Eno n'est pas forcément simple même si pas violent, il peut laisser froid. Je vois que cela n'a pas été ton cas loin de là, étant déjà familier du style ambient et de ces grands manitous des machines que sont Eno et A. Twin.

      Bon le commentaire final dépasse toutes mes espérances, je le reconnais!
      Merci à toi aussi encore une fois d'avoir été du voyage et d'en avoir savouré les différentes étapes (presque toutes).
      Pourtant, grande était mon appréhension lorsque j'aperçus la notification de commentaire de ta part, je ne te le cache pas! 😀

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